La neurobiologie du psychotraumatisme

Table des matières

 Nous commençons à comprendre de mieux en mieux les causes et les conséquences des psychotraumatismes, mais dire que nous avons tout compris serait présomptueux.

Comme expliqué dans l’article précédent, nous ne sommes pas égaux face au traumatisme, et un événement traumatogène ne crée pas forcément un trouble de stress post-traumatique.

Le trauma naît, d’après ce que l’on comprend aujourd’hui, du fait que l’être humain n’est pas capable d’intégrer psychologiquement et physiologiquement l’événement de manière ordinaire, ce qui dérègle profondément sa physiologie et sa psyché. 

Ce dérèglement affecte notamment le système nerveux autonome et le nerf vague, responsables de la gestion des réactions au stress (sympathique et parasympathique). Il impacte également l’amygdale, qui gère les réponses émotionnelles et l’alerte face au danger, ainsi que l’hippocampe, impliqué dans la mémoire et la contextualisation des expériences.

L’objectif thérapeutique va donc être de permettre à ces structures cérébrales et nerveuses de retrouver un fonctionnement équilibré. Pour cela, il existe diverses approches thérapeutiques qui peuvent souvent se combiner pour obtenir de meilleurs résultats.

Les rythmes et leur rôle thérapeutique

Des rythmes partout autour de nous

Qu’est-ce qu’un rythme exactement ? C’est un mouvement régulier, une répétition, une cadence. Et quand on y prête attention, on s’aperçoit que notre monde est rempli de rythmes.

Les rythmes naturels nous entourent : les années qui passent, les saisons qui se succèdent, le jour et la nuit qui alternent. Même la lumière, qui marque le passage des journées et des saisons, est en réalité composée d’ondes qui vibrent à différentes fréquences – et une fréquence, c’est simplement un rythme.

Notre corps lui-même fonctionne comme une symphonie de rythmes :

  • Les battements de notre cœur
  • Notre respiration qui se soulève et s’abaisse
  • Nos pas lorsque nous marchons
  • La production d’hormones qui suit des cycles précis (appelés rythmes circadiens)
  • L’activité électrique de notre cerveau

 

Pourquoi les rythmes sont importants pour notre équilibre

Dans tout le vivant, les rythmes jouent un rôle crucial de régulateur. Notre bien-être physique et mental dépend en grande partie de l’harmonie entre ces différents rythmes.

Lors d’un traumatisme psychologique, certains de ces rythmes naturels peuvent être perturbés. Le système nerveux autonome, qui contrôle nos réponses au stress, peut se dérégler. Des structures cérébrales comme l’amygdale (centre de nos émotions) et l’hippocampe (impliqué dans la mémoire) peuvent fonctionner de façon chaotique.

C’est là qu’interviennent les thérapies basées sur le rythme.

 

Des thérapies qui utilisent le pouvoir du rythme

L'EFT : tapoter pour se libérer

L’EFT (Techniques de Libération Émotionnelle) consiste à tapoter rythmiquement avec les doigts sur certains points du corps, souvent les mêmes que ceux utilisés en acupuncture. Pendant ces tapotements, on évoque les émotions difficiles ou les souvenirs douloureux.

Cette méthode, bien que relativement récente dans la recherche scientifique et pas encore aussi documentée que l’EMDR, compte de nombreux témoignages positifs. Elle aide à diminuer l’intensité émotionnelle liée aux souvenirs traumatiques.

 

L'EMDR et le Rythmo : stimuler pour retraiter

L’EMDR (Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires) utilise des mouvements rythmiques des yeux de gauche à droite. Pendant que la personne suit ces mouvements, elle se remémore légèrement l’événement traumatique.

Le Rythmo, quant à lui, fonctionne sur des principes similaires à l’EMDR mais utilise des sons ou des tapotements rythmiques plutôt que des mouvements oculaires.

Ces deux méthodes sont bien documentées scientifiquement, bien que le Rythmo soit plus récent et moins documenté, les approches sont très similaires.

Elles aident le cerveau à « retraiter » les souvenirs traumatiques, c’est-à-dire à les ranger dans la mémoire d’une façon plus saine, moins chargée émotionnellement. Tous les processus mis en jeu dans ces pratiques ne sont pas encore totalement compris et sont encore à l’étude, mais leur efficacité est bien montrée par de nombreuses études, en particulier pour l’EMDR.

 

La respiration : le rythme que nous pouvons contrôler

Parmi tous les rythmes de notre corps, la respiration occupe une place spéciale. C’est le seul processus vital sur lequel nous avons un contrôle direct et qui influence de nombreux autres rythmes internes.

Habituellement, nous respirons sans y penser. Notre respiration reflète alors notre état intérieur : rapide et saccadée quand nous sommes stressés, lente et profonde quand nous sommes détendus.

Mais à tout moment, nous pouvons choisir de respirer consciemment. En contrôlant notre respiration, nous pouvons :

  • Calmer notre système nerveux
  • Réduire notre stress et notre anxiété
  • Améliorer notre concentration
  • Favoriser un meilleur sommeil

 

Les bienfaits de la respiration sont vraiment nombreux. Il existe de nombreuses techniques, faciles à trouver sur le net. L’important, c’est de trouver la/les techniques qui nous conviennent le mieux et de respirer en conscience.

De nombreuses traditions (yoga, méditation, tai-chi) utilisent la respiration comme outil principal. Aujourd’hui, la science confirme ce que ces pratiques savaient depuis longtemps : respirer consciemment transforme notre physiologie et notre psychologie.

 

un homme marche la long d'une riviere en pleine nature pour apaiser son anxiété

La marche : un rythme naturel qui guérit

Marcher est l’une des activités rythmiques les plus simples et les plus accessibles. Chaque pas crée un mouvement régulier qui peut avoir des effets thérapeutiques surprenants.

La marche :

  • Active notre corps
  • Régularise notre respiration
  • Nous reconnecte au moment présent
  • Stimule la production d’hormones du bien-être

 

Pour en tirer tous les bénéfices, essayez de marcher en étant attentif à vos sensations corporelles et en respirant consciemment. L’exercice physique et la marche en particulier sont d’excellents compléments à une thérapie et à notre équilibre général.

 

Rythmes et mémoire : remodeler nos souvenirs

Un aspect fascinant des thérapies basées sur le rythme est leur capacité à influencer la façon dont notre cerveau stocke les souvenirs. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, notre mémoire n’est pas figée comme un enregistrement vidéo.

Chaque fois que nous nous souvenons d’un événement, notre cerveau le « réécrit » légèrement. Les thérapies rythmiques profitent de cette malléabilité pour aider le cerveau à réorganiser les souvenirs traumatiques. Les émotions intenses liées à ces souvenirs peuvent ainsi s’apaiser progressivement.

 

Conclusion : de rythmes pour retrouver l'équilibre après un trauma

Les rythmes sont véritablement au cœur de notre existence. Lorsque nous traversons des périodes difficiles, notamment après un traumatisme, retrouver des rythmes sains et naturels peut nous aider à retrouver notre équilibre.

Que ce soit par des thérapies spécifiques comme l’EMDR ou l’EFT, ou simplement par la respiration consciente et la marche régulière, les approches rythmiques offrent des outils précieux pour apaiser notre système nerveux et retraiter nos souvenirs douloureux.

Et si nous parlons de rythme, nous devons aussi prendre en compte qu’il y a des rythmes à un chemin de résilience, que pour se rééquilibrer notre corps et notre psyché à parfois besoin de temps. Prendre en compte se rythme est aussi très important.

La prochaine fois que vous vous sentirez stressé ou anxieux, essayez de porter attention à votre respiration. Ce simple geste pourrait être le premier pas vers un rythme intérieur plus harmonieux.

Revenir au corps

 etNous vivons dans une société fortement centrée sur la pensée et la cognition, au point d’avoir quelque peu négligé le corps. Les études sur le psychotrauma montrent que, lors de troubles de stress post-traumatique, des processus physiologiques sont perturbés par une ou plusieurs expériences choquantes.

Ces perturbations affectent la manière dont les émotions sont traitées et libérées. Nous savons aujourd’hui que les émotions ont une réalité somatique ; elles activent des sensations dans le corps. Par exemple, une émotion intense peut se manifester sous forme de tension musculaire, de respiration courte ou d’une sensation de chaleur.

Nous savons également que nos émotions ont une durée de vie : elles chargent le corps, poussent à l’action et, normalement, se déchargent. Ce processus de décharge se fait naturellement, souvent par des gestes, des pleurs, des cris, ou une prise de recul émotionnel. Cependant, nous avons tendance à bloquer ce processus de décharge en raison de multiples conditionnements, souvent issus de notre éducation. En particulier dans le cas du psychotrauma, et dans d’autres situations de stress intense, cette décharge émotionnelle n’a pas pu avoir lieu, et les émotions restent « bloquées » dans le corps.

Revenir au corps par des techniques spécifiques, que je vais décrire succinctement par la suite, permet de réguler et d’apaiser le stress. Ces techniques aident à rééquilibrer nos systèmes physiologiques, affectifs et cognitifs, favorisant ainsi une décharge émotionnelle saine et un retraitement de l’information traumatique permettant une récupération après un choc.

améthys nous explique que le conscience corporelle est la voie de la guérison des traumas.

Les fondements de l'approche somato-affective

 L’approche somatique repose sur plusieurs principes fondamentaux :

  • Unité corps-esprit : Le corps et l’esprit ne sont pas séparés mais forment une unité indissociable.

  • Intelligence corporelle : Le corps possède sa propre intelligence et sagesse, au-delà de la pensée rationnelle.

  • Mémoire somatique : Nos expériences, particulièrement traumatiques, sont stockées dans notre corps sous forme de sensations, de tensions et de schémas de mouvement.

  • Autorégulation : Le corps tend naturellement vers l’équilibre et la guérison lorsqu’on lui permet d’achever ses processus naturels.

Corps et émotions : les méthodes thérapeutiques basées sur l’approche somatoaffective

L'expérience somatique de Peter Levine

La Somatic Experiencing (SE), développée par Peter Levine, est une approche thérapeutique qui permet de guérir les traumatismes en s’appuyant sur les sensations corporelles. Plutôt que de se focaliser uniquement sur le récit verbal, elle part du principe que le trauma s’ancre dans le corps, entraînant des réactions physiologiques souvent inconscientes (tensions musculaires, troubles du rythme cardiaque, hypervigilance, etc.).

Grâce à des techniques douces de conscience corporelle et de régulation du système nerveux, la SE aide à relâcher progressivement ces tensions accumulées. Le thérapeute guide la personne en l’amenant à observer ses ressentis corporels (respiration, sensations musculaires, micro-mouvements), lui permettant ainsi de retrouver un sentiment de sécurité et de contrôle.

Cette méthode est particulièrement efficace dans le traitement du stress post-traumatique, des troubles anxieux et des douleurs chroniques, mais elle s’avère aussi précieuse pour mieux réguler les émotions et restaurer un équilibre global. En respectant le rythme naturel de chacun, la SE offre un chemin de guérison progressif et profond.

La théories polyvagales de Stephen Porges

Stephen Porges, neuroscientifique américain, est connu pour sa théorie polyvagale, qui révolutionne la compréhension du système nerveux autonome et de son rôle dans la régulation du stress et des émotions. Contrairement au modèle traditionnel qui divise le système autonome en deux (sympathique et parasympathique), Porges identifie trois circuits distincts.

Le système vagal ventral, associé à la connexion sociale et à la sécurité, permet l’engagement relationnel et l’apaisement. Le système sympathique, activé face à un danger, déclenche une réponse de lutte ou de fuite. Enfin, le système vagal dorsal, en cas de menace extrême, provoque un état de sidération ou de figement, une réaction souvent observée chez les personnes traumatisées.

Cette théorie a profondément influencé les approches thérapeutiques centrées sur le corps, comme la Somatic Experiencing de Peter Levine, en mettant en évidence l’importance de la régulation du système nerveux dans le traitement des traumatismes. En favorisant un état de sécurité intérieure, il devient possible de sortir des schémas de stress chronique et d’accéder à un mieux-être émotionnel.

Concrètement, les thérapeutes utilisent cette théorie pour aider les patients à identifier leurs états du système nerveux et à pratiquer des exercices de co-régulation, de respiration profonde ou de mouvements doux, favorisant ainsi le retour à un état vagal ventral plus sécurisant. Cette approche est désormais intégrée en psychologie, hypnose et thérapies corporelles pour restaurer un équilibre profond entre le corps et l’esprit.

Bien que la théorie polyvagale ait ouvert de nouvelles perspectives, elle continue d’évoluer. Certains chercheurs questionnent encore la précision des liens entre états physiologiques et expériences subjectives, ce qui nourrit un débat scientifique en cours.

Les approches thérapeutiques basée sur l'approche somatoaffective

Les avancées en neurosciences, psychologie et biologie permettent aujourd’hui d’établir plus précisément le lien entre les émotions (stress, humeur) et le corps. Cela a donné naissance à de nombreuses approches thérapeutiques. En voici quelques-unes, découvertes lors de mes recherches sur ce sujet.

  • Bioénergie (Alexander Lowen) : Associe exercices corporels, respiration et analyse des postures pour libérer les « armures » corporelles, ces tensions émotionnelles qui bloquent l’expression, et restaurer la vitalité.
  • Psychothérapie Corporelle (inspirée de Reich et Lowen) : Intègre dialogue, mouvements et toucher thérapeutique pour explorer les différentes couches de tensions du corps et reconnecter corps et esprit.
  • Hakomi (Ron Kurtz) : Thérapie basée sur la pleine conscience et le dialogue intérieur, permettant d’explorer les mémoires corporelles et les schémas inconscients.
  • Danse-Thérapie : Utilise le mouvement pour exprimer et libérer les émotions profondes.
  • Yoga Thérapeutique : Associe postures, respiration et méditation pour réduire le stress et favoriser l’équilibre émotionnel.
  • Méthode Feldenkrais : Améliore la conscience corporelle par des mouvements doux, aidant à relâcher les tensions et améliorer la posture.
  • Toucher Thérapeutique : Technique énergétique visant à harmoniser les flux corporels et soulager les tensions.
  • Thérapie Sensorimotrice (Pat Ogden) : Aide à traiter les traumatismes en identifiant et en complétant les réponses corporelles bloquées (fuite, lutte, figement) par l’exploration des sensations et des mouvements, complétant ainsi les réponses de défense inachevées.
  • Gestalt-Thérapie : Approche holistique qui favorise la prise de conscience et l’expression corporelle dans le « ici et maintenant » pour mieux comprendre et résoudre les conflits émotionnels.

 

Ces méthodes ont pour objectif commun de réintégrer le corps dans le processus thérapeutique, favorisant ainsi une meilleure régulation émotionnelle et un équilibre profond entre corps et esprit.

améthys médite avec un cristal d'améthyste

Revenir au corps : une clé essentielle

 Revenir au corps, réintégrer pleinement sa présence dans le corps, est essentiel, que ce soit dans le chemin de résilience après un psychotraumatisme ou simplement dans la vie quotidienne. Comme si ce qui dit « je », « moi », pouvait réellement se replacer dans ce corps et s’y ancrer.

Accorder de l’attention aux sensations corporelles, aussi souvent que possible, est un geste simple mais puissant. Cela permet de se reconnecter à soi, d’habiter son corps avec plus de présence et de retrouver un ancrage naturel dans le moment présent. Cette pratique change profondément notre perception du monde : elle modifie notre rythme, notre rapport à l’environnement et à nous-mêmes.

 

cubs et améthys se chamaille sur la façon d'accompagner le psychautroma, améthys parle d'empathie, cubs de connaissances solides

Un impact direct sur les troubles psychosomatiques

 Cette conscience corporelle, en plus des approches thérapeutiques basées sur cette relatiuoin corps psyché, a également un effet bénéfique sur les troubles psychosomatiques. En étant plus attentif à son corps, il devient possible d’observer quand et comment les symptômes s’activent. Plutôt que de les subir passivement, on peut apprendre à les réguler avec plus de facilité. Cette prise de conscience change la relation que l’on entretient avec ces manifestations physiques et permet de mieux gérer les tensions et les inconforts.

 

améthys dit qu'il faut de la logique et de l'empathiep our accomapagner le psychotrauma vers la résilience.

Des exercices simples pour une transformation en douceur

De nombreux exercices accessibles à tous permettent de cultiver cette présence corporelle. Par exemple :

  • Marcher pieds nus pour ressentir pleinement le contact avec le sol.
  • Respirer consciemment, en portant attention aux mouvements de l’air dans le corps.
  • Prendre conscience de sa posture et de ses points d’appui : la sensation des pieds au sol quand on est debout, des fessiers et du dos dans d’autres positions.
  • Explorer l’espace autour de soi, ressentir les distances, les volumes, l’air qui nous entoure.

Ces gestes simples, répétés régulièrement, transforment progressivement notre rapport au corps et au monde. À force d’expérience, cette attention corporelle devient aussi naturelle que parler, penser ou marcher.Ce qui permet un rapport à soi et au monde plus apaisé, plus serein.

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L’hypnose pour apaiser les conséquences d’un psychotrauma

Hypnose et mémoires traumatiques : un accès sécurisé pour la transformation

L’hypnose, grâce aux états modifiés de conscience, permet un accès aux mémoires traumatiques tout en offrant un cadre sécurisant pour retraiter les émotions et les informations perturbées.

L’un des phénomènes que l’hypnose peut mobiliser est la dissociation, un état dans lequel on prend une certaine distance avec ses ressentis et ses émotions. Cette capacité est une réaction naturelle du cerveau face à un choc violent ou une émotion trop intense : se couper du ressenti, se mettre à distance, et parfois même provoquer une amnésie sont des mécanismes de protection instinctifs.

En hypnose, cette dissociation est utilisée de manière contrôlée et sécurisée pour permettre une mise à distance temporaire, offrant ainsi un nouvel espace d’exploration des souvenirs. Contrairement à la dissociation traumatique qui fige et enferme, l’hypnose permet de réintégrer progressivement ces fragments du passé, en les rendant plus accessibles et moins envahissants.

Un autre grand atout de l’hypnose est sa capacité à potentialiser d’autres approches thérapeutiques : elle amplifie leur efficacité en s’appuyant sur l’état hypnotique et en les combinant avec des techniques spécifiques. C’est pourquoi elle est souvent un outil précieux dans le chemin de résilience après un trauma.

⚠️ Attention toutefois : les psychotraumas sont complexes et nécessitent une prise en charge adaptée. Selon leur intensité, un accompagnement spécialisé est essentiel. Une formation adéquate des praticiens ainsi qu’un suivi médical avec un médecin ou un professionnel de la santé mentale peuvent être nécessaires en fonction des troubles.

Nous sommes plus vastes que nos blessures, plus fluides que nos peurs, et plus lumineux que nos ombres. Chaque pas vers soi est un pas accompli.
La résilience n’est pas un retour en arrière, mais une renaissance.
Elle transforme les failles en passages, les chutes en forces, les ombres en lumière.

Le rôle du temps dans le trauma : restaurer une continuité

Lorsqu’un événement a un impact fort sur notre être, tel un psychotrauma la perception du temps peut être altérée.

Le souvenir peut sembler figé, comme si l’événement était toujours présent, ou au contraire dissocié, difficile d’accès. Cette distorsion peut générer des réactions émotionnelles disproportionnées dans le présent, comme si l’on revivait sans cesse le passé.

Des techniques hypnotiques de retemporalisation, comme le travail sur la ligne du temps ou l’exploration des perceptions temporelles, permettent de réguler ces décalages. Elles peuvent aider à réintégrer l’événement dans le passé, lui redonnant sa juste place et facilitant la cicatrisation émotionnelle ainsi que le retraitement des informations mnésiques. En rétablissant une chronologie cohérente, ces approches aident à désamorcer les réactivations émotionnelles involontaires et à réinscrire l’expérience dans une narration plus apaisée et intégrée.

une image représentant une personne entranse connectée à ces mémoires émotionnelles

Les mémoires sont vivantes

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, nos mémoires ne sont pas figées. Aujourd’hui, nous comprenons de plus en plus qu’elles sont sans cesse retravaillées et retraitées. Chaque fois que nous accédons à nos souvenirs, nous reconstruisons en partie notre mémoire.

Ce principe est essentiel en hypnose : pour changer nos façons de fonctionner dans le présent, nous pouvons interagir avec nos mémoires. Ce processus se fait déjà naturellement, mais les états modifiés de conscience mobilisés en hypnose permettent de le faciliter et de l’amplifier. Grâce à des techniques comme la réimplantation de ressources (redirection de l’histoire de vie) ou la désensibilisation, l’hypnose peut modifier très efficacement l’impact émotionnel des souvenirs passés. Cela est particulièrement utile pour apaiser les conséquences d’un choc traumatique.

⚠️ Point de vigilance

Comme la mémoire est malléable, il est très facile de recréer un faux souvenir – ce que nous faisons d’ailleurs déjà naturellement. C’est pourquoi on ne cherche jamais à vérifier la véracité d’un souvenir avec l’hypnose, car cela pourrait entraîner la fabrication involontaire d’un souvenir qui n’a jamais existé.

De la même manière, un praticien éthique en hypnose n’essaiera jamais de créer un faux souvenir. L’objectif n’est pas de modifier la réalité des faits, mais de transformer l’impact émotionnel qu’ils ont sur nous.

Désensibilisation et intégration émotionnelle

 L’hypnose propose plusieurs approches permettant de désensibiliser la charge émotionnelle d’un souvenir traumatique tout en facilitant son intégration de manière apaisée.

Elle s’appuie notamment sur la double dissociation, qui permet de prendre du recul face à un souvenir douloureux, et sur la mise entre parenthèses, qui aide à atténuer son impact émotionnel dans le présent. À l’inverse, certaines approches cathartiques, comme l’abréaction, permettent une libération contrôlée des émotions refoulées dans un cadre sécurisé, favorisant ainsi un apaisement en profondeur.

L’hypnose peut également potentialiser des techniques de désensibilisation éprouvées comme l’EMDR/RITMO (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) et l’EFT (Emotional Freedom Techniques). Ces méthodes, basées sur des stimulations bilatérales (mouvements oculaires, tapotements, sons alternés), facilitent le retraitement des souvenirs traumatiques et réduisent progressivement leur charge émotionnelle.

En combinant ces différentes approches, l’hypnose devient un levier puissant de transformation, permettant une réconciliation avec son vécu et une intégration plus fluide des expériences passées.

Traumatismes de l’enfance : reconstruire ce qui a été entravé

Lorsqu’un trauma survient pendant l’enfance, il peut entraver le développement affectif, cognitif et relationnel de l’enfant. Ces blessures peuvent se répercuter à l’âge adulte sous forme de schémas limitants, de difficultés émotionnelles ou de troubles de l’attachement.

L’hypnose aide à :

  • Identifier et combler les manques laissés par ces expériences précoces.
  • Réactiver des ressources qui n’ont pas pu se développer à l’époque.
  • Favoriser une réconciliation intérieure, en reconnectant l’adulte d’aujourd’hui avec l’enfant qu’il a été.
  •  

Grâce à un travail en profondeur, ces reconstructions permettent d’intégrer des expériences de soutien et de protection qui font défaut dans le passé, favorisant ainsi une meilleure stabilité émotionnelle.

Conclusion : l'hypnose sur le chemin de la résilience

 L’hypnose se révèle être un outil puissant et polyvalent pour le travail des mémoires traumatiques. Elle offre à la fois un cadre sécurisant, des techniques d’intégration efficaces et une capacité d’amplification des autres approches thérapeutiques.

En régulant les perceptions du temps, en facilitant la désensibilisation émotionnelle et en permettant une réécriture symbolique des souvenirs, elle accompagne chaque individu vers une transformation en profondeur.

Le syndrome de stress post-traumatique (SSPT/TSPT) est une condition complexe et intense.
Selon son intensité, il peut nécessiter un suivi pluridisciplinaire et un encadrement par un professionnel de santé (psychiatre, psychologue, médecin). Un praticien en hypnose n’est pas un professionnel de santé et ne peut pas, à lui seul, assurer une prise en charge complète de ce trouble.

Ma pratique de l’hypnose et l’accompagnement de la résilience face aux traumatismes

Dès mes débuts en hypnose d’accompagnement, j’ai rapidement été confronté au psychotrauma. Très souvent, les personnes que j’accompagne me livrent des moments choquants et déstabilisants de leur vie.

Lors de ma formation, j’ai été initié aux techniques de désensibilisation et de redirection d’histoire de vie, ainsi qu’à une posture éthique permettant d’accueillir ces récits avec bienveillance et justesse. Cependant, j’ai ressenti très vite le besoin d’approfondir mes connaissances, ce que j’ai fait et continue à faire.

Aujourd’hui, dans ma pratique, je m’inspire des approches que j’ai mentionné dans cet article et j’adapte mes techniques en fonction des personnes, de leurs demandes et de l’intensité de leur vécu. Mon objectif est d’accompagner chacun sur son chemin de résilience et de reconstruction, avec des outils adaptés à leur situation.

Un point essentiel : Je suis praticien en hypnose, mais je ne suis pas un professionnel de la santé mentale. Selon l’intensité du traumatisme, mon accompagnement peut venir en complément d’un suivi médical, mais ne s’y substitue pas. Dans certains cas, si je juge que la problématique dépasse mon champ de compétence, je peux rediriger vers un professionnel plus adapté  ou conditionner mon accompagnement à un suivi médical approprié.

les travaux forestier laisse des impacts dans la forets tel des psychotraumas

Là où c’était brisé

Dans le premier article sur le psychotrauma, je t’ai parlé de cette forêt blessée par l’exploitation humaine.
Un vrai carnage.
La violence brute, le manque de soin, l’oubli du vivant.
Les machines avaient éventré le sol, creusant de profondes ornières. Des traces durables, visibles encore longtemps après le passage.

Et puis, quelques décennies plus tard, je suis retourné là-bas.

La vie avait repris.
Mais pas seulement repris : elle avait transformé.
Les ornières étaient devenues des mares. Des oasis.
Des lieux foisonnants où cohabitaient grenouilles, insectes et libellules.
Sans ces blessures, il n’y aurait jamais eu de telles poches de vie à cet endroit.

Ce qui a été fait… a été fait.
Oui, l’humain peut être violent.
La vie aussi.
Mais dans toute cette brutalité, dans toutes ces failles,
il y a une force immense, silencieuse,
celle de la résilience.

On ne peut pas effacer ce qui a été vécu.
Mais on peut, avec le vivant,
reconstruire.
Différemment.
Laisser émerger autre chose.
Quelque chose qui naît, là même où c’était brisé.

une foret résiliente qui accueille la vie après avoir été devastée, quelque décénnies plus tard les ornières ont été remplacée par des marres plein de vie.

La résilience comme force du vivant et de l’évolution

Il y a des chemins que seule la vie sait tracer, jusque dans les ornières oubliées.
Parfois, ce que l’on croyait perdu devient le berceau du renouveau.

Et je le sais : quand on souffre des séquelles de cette violence, cela peut être difficile à entendre.
Mais pour l’avoir vécu, pour l’avoir accompagné, je crois profondément en cela.

Il n’y a pas — ou si peu — de vie humaine qui ne soit traversée par la difficulté.
Mais il y a, en chacun de nous, une magie.
Une force peut-être semblable à celle qui fait tourner la planète, brûler les étoiles
et germer la graine du renouveau.

A propos de moi.

Je suis Sébastien Lanotte, hypnothérapeute et gemmologue, passionné par la vie et avide de découvertes. Depuis des décennies, j’explore et j’apprends chaque jour, mêlant psychologie et énergétique, tradition et science, corps et esprit. J’aime créer des ponts entre ces mondes pour mieux comprendre l’humain et ses transformations.

💬 Curieux de vos ressentis et expériences, j’adorerais échanger avec vous ici ou sur les réseaux.

Séances d’hypnose moderne, sur rendez-vous à mon cabinet, Étival-Clairefontaine, près de Saint-Dié-des-Vosges, ou en visioconférence

Ce blog est un espace d’exploration et de transmission, où je partage des réflexions, des outils et des perspectives pour mieux se comprendre et évoluer vers plus d’harmonie et de paix intérieure.

Chaque article est le fruit de mon propre cheminement, mêlant mon expérience d’accompagnant, ma quête en tant qu’humain dans ce 21ᵉ siècle, et l’appui de l’intelligence artificielle comme un partenaire créatif. L’IA m’aide à structurer, approfondir et affiner mes idées, mais chaque mot ici est pensé, ressenti et écrit avec mon intention.

Mon objectif ? Partager mes apprentissages, mes réflexions et mes découvertes, offrir des clés de compréhension et d’exploration intérieure, toujours dans une approche humaine, incarnée et authentique.

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